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Politique d'utilisation de la bibliothèque des Classiques - старонка 20

VRAI COMME NEIGE *1

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Au point où nous en sommes, la neige est un événement, une nouvelle. De quoi parler de ; éditorialiser sur ; réfléchir à. De quoi contempler par la fenêtre, en se fourrageant le nez. Cet exercice, trop méconnu dans les écoles et les maisons bien tenues, est de toute façon le symbole suprême de la liberté. Les romanciers russes et les gosses d'ailleurs le savent depuis toujours.

Depuis trois ou quatre jours, beaucoup de gens croyaient que l'hiver était fini. Même les chauffeurs de taxi marchaient dans ce sens-là. Il leur semblait que c'était assez pour cette année ; qu'il fallait en garder pour l'avenir.

Les gens sont toujours prêts à espérer. C'est pour ça que tout va toujours si mal. Ils se méfient pas assez. Ils démobilisent à la moindre rumeur de printemps. Ils n'acceptent pas de vivre casqués, bottés, ceinturés.

Chaque guerre est toujours la dernière et c'est bien rien que pour cette raison qu'on y va. Savoir qu'il y en aurait une autre, on préférerait attendre. Chaque bordée de neige est toujours la dernière. Après. il fera beau pour toujours. On ira sur la Montagne et sur les Îles ; on sera heureux ; la nature sera là, qui nous tendra les bras et qui nous aimera, comme disait un poète provençal. Au premier clin d'oeil du soleil, tout le monde marche. Le grand amour. Pour la vie. Ils se méfient pas. C'est touchant, certes, mais ce n'est pas sérieux. Ce n'est pas comme ça que l'on va construire le Québec.

Faut vivre casqué, botté, ceinturé. C'est plein d'ennemis partout. Et la nature nous déteste. Elle veut pas de nous, c'est assez clair. Et sournoise, avec ça. On se couche en paix et on se réveille en tempête. Elle dormait pas, la vache.

Quelques petits malins ont quand même fini par comprendre que la meilleure façon de s'en tirer, c'est de se rapprocher du fondamental. Par exemple, s'acheter un métro portatif.

Plus on s'accule au fondamental, moins on est vulnérable. Ce qu'il faut, c'est présenter la plus petite surface possible aux hommes et aux choses. Se présenter de profil : le vent prend moins. Ou encore, enlever tous ses masques, même si la face vient avec : c'est le meilleur déguisement.

C'est la neige et la tempête qui poussent à ces profondes réflexions. À partir de l'observation que le piéton demeure autonome quand les tracteurs eux-mêmes sont bloqués.

Fallait voir les piétons, hier. Ils marchaient, sculptés par le vent, présentant le moins de surface possible, comme des caribous dans un film de Perrault. Ils marchaient à même la liberté que l'on a toujours quand on ne dépend que de soi. C'est une liberté pataude, point brillante, mais qui ne fait jamais défaut.

Hier on a touché le fond : les autobus ne circulaient pas ; les journaux circulaient quand même et les magasins de la Régie des alcools étaient fermés. Si vous pensez qu'il peut arriver plus de malheurs en même temps, faut pas le dire : ça se produirait.

DOSSIER UNTEL : VII. INTEMPOREL

LA PAIX PAR LE PING-PONG *1

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Les encyclopédies nous assurent que c'est les Chinois qui ont inventé la poudre à canon, au début de l'ère chrétienne. Ils étaient déjà en ère et déjà chinois. Ils n'ont pas d'abord pensé à utiliser cette invention à des fins guerrières ; ils se sont longtemps contentés (jusqu'en 1362) d'en faire des pétards pour le jour de l'An, la fête de Confucius et quelques autres fêtes de leur datier.

C'est les Occidentaux, plus précisément les Anglais, qui utilisèrent les premiers la poudre pour tuer le monde. D'où l'expression : poudre à canon. C'était à Crécy, en 1346, durant la guerre de Cent Ans. Cette bataille marqua d'ailleurs la fin des chevaliers et le commencement des militaires.

On peut penser, sans être sinologue, qu'il y a un humour jaune dans le fait pour la Chine, d'avoir saisi une balle de ping-pong comme occasion de rencontre avec les USA. Ça vous a un petit air pas sérieux, décontracté et, au fond, plein de sagesse au moins impériale.

Certes, il ne faut pas rouler trop vite vers les espoirs cosmiques et les démobilisations générales. Il faut longtemps s'opposer avant de s'unir et les embrassades définitives entre l'Occident et l'Orient, c'est pas pour demain. Ça sera pour vos enfants, à condition qu'ils ne nous ressemblent pas, ce dont ils ne donnent guère de preuves, soit dit entre nous, la CSN et les Cegep.

Côté style, c'est le ping-pong ; côté fond, si j'ose m'exprimer ainsi, la rencontre de ces jours-ci a dû être préparée de longue langue. Il est probable que le Canada a joué un rôle là-dedans. Le Canada devient ainsi le point de jonction entre la Chine et l'Amérique du Nord, Les pourparlers qui ont abouti aux échanges d'ambassadeurs entre le Canada et la Chine ont fort bien pu être le terrain d'essai de la rencontre entre le Chine et les USA. De part et d'autre, il y avait des opinions publiques à préparer ; des alliances à ménager ; des peurs à se conter. Car les États se permettent, depuis toujours, des ridicules ou des horreurs que la plupart des individus ordinaires ne se permettent plus depuis longtemps, ou qu'il leur est interdit de se permettre. Par exemple, les individus n'ont pas le droit de se faire justice eux-mêmes. Il y a des juges pour y voir plus ou moins lentement. Ou encore, quand les individus veulent se parler, ils se téléphonent ou prennent une bière ensemble. Mais les États ont besoin de protocoles, d'ambasseurs et d'armées. Tout ça se comprend, au fond. Le déplorable demeure compréhensible.

On parle déjà d'échanges de jeunes entre la Chine et le Canada. Ça, on n'en fera jamais assez. C'est quand on est jeune qu'il faut voyager, car les voyages forment la jeunesse. Montaigne, qui était pacifiste, avait conservé ça dans sa gardoire. C'est lui aussi qui disait qu'il vaut mieux avoir une tête bien faite qu'une tête bien pleine. Mais il disait ça en parlant des professeurs et non des étudiants, contrairement à ce qu'on m'a appris du temps de ma jeunesse studieuse et inepte. J'encourage donc solennellement le Canada et tous les pays qui m'écoutent à expédier beaucoup de jeunes chez les Jaunes, à condition que ces derniers le veuillent, bien entendu. Passé quarante ans, il est trop tard pour tourister. On sait deux choses et demie ; on n'est plus capable d'en apprendre d'autres et puis on se fatigue trop vite. Je verrais assez des voyages au lieu des emplois d'été ; ça ne coûterait pas plus cher et ça serait plus utile. On ne découvre son pays que de loin. Dedans, la bêtise nous le cache, comme les arbres, etc. Quant à parler de voyages, j'irais même plus loin. Aucun diplôme de fin d'études secondaires ou collégiales ne devrait être décerné à un jeune qui n'aurait pas fait la preuve qu'il a séjourné six mois en dehors de son pays.

On ne peut pas oublier que la Chine, en même temps qu'elle sourit aux Américains, menace d'intervenir aux côtés du Pakistan occidental si l'Inde se mêle de soutenir le Pakistan oriental. C'est dire que les Chinois ont appris qu'avec la poudre il y a autre chose à faire que des pétards.

Au total, et dans la mesure où l'on ose parasiter de ses commentaires des événements aussi considérables et aussi mystérieux, on est tenté de se réjouir. Plus les hommes se verront, moins ils se tueront. En outre, quoi qu'il y ait derrière cette rencontre, on peut être sûr d'une chose : notre avenir s'y décide davantage, pour le meilleur ou pour le pire, qu'il ne se décide à l'occasion de nos querelles maisons.

DOSSIER UNTEL : VII. INTEMPOREL

TROP PETIT POUR ÊTRE UN HÉROS *1

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M. Nixon vient de faire sortir de prison le lieutenant Calley, condamne, par une cour militaire, pour avoir massacré des femmes et des enfants. Le vice-président Agnew accuse les « colombes » de démoraliser l'armée.

On disait la même chose, en France, au moment de la guerre d'Algérie à l'endroit de ceux qui dénonçaient les tortures pratiquées par des Français de France, de Navarre et d'ailleurs. Il est vrai que des Algériens, au même moment, jetaient négligemment des grenades dans des cafés d'Alger.

En 1917, le maréchal Pétain ordonnait de décimer (tuer un homme sur dix) des régiments français mutinés. Les soldats étaient tannés de moisir dans les tranchées. Mais Pétain avait reçu l'ordre de gagner la guerre de 14. Il est devenu un héros, le héros de Verdun. Trente ans héros de Verdun qu'il a été. Après quoi, il fut condamné à mort, par un général mutiné d'une autre guerre.

Un million de morts, à Verdun. Un demi-million de chaque bord. Ne chicanons pas sur les milliers après si longtemps, on peut tourner les morts rond.

Le million de morts de Verdun, c'était du pauvre monde. en général et en soldats. Beaucoup de Bretons, du côté des Français ; beaucoup de paysans bons à mourir.

En 39-45, tout a repris. Du côté français, ça manquait d'enthousiasme, mais ailleurs, la rhétorique drapeautière prenait bien. Les armées avaient bon moral, sauf vers la fin, bien sûr.

Le monde qui meurt au Vietnam, c'est du pauvre monde, qu'ils soient Jaunes ou américains. Les généraux meurent vieux, en général.

J'essaie de me mettre à la place du soldat américain en patrouille dans une rizière, et qui vient d'apprendre que le lieutenant Calley a été condamné par une cour martiale de son pays. J'essaie de me mettre à la place de ce soldat anonyme. Et ,alors, je comprends Agnew qui accuse les « colombes » de démoraliser l'armée.

Je vois le paradoxe : il faut bien commencer quelque part, si l'on veut finir une guerre. Or une guerre finit toujours faute de combattants. Mais il y a deux façons d'épuiser des combattants : en les forçant à s'entretuer tous ou en leur enlevant la volonté de se battre. Une armée démoralisée, c'est une armée qui refuse de se battre.

Ce qui me gêne (quelle délicatesse), c'est la qualité de certaines colombes. L'actrice de cinéma qui a montré son derrière à l'Occident et qui se découvre une vocation de colombe ne vaut pas le soldat américain qui pourrit dans une rizière, en attendant de mourir ou d'être jugé par un tribunal. La colombe a toujours joué gagnante ; elle mourra dans son lit et riche. Le soldat reviendra peut-être et sera chômeur. Et dans cinq ans d'ici, quand tout sera oublié, on lui demandera de quoi il se plaint. C'est déjà beau qu'il soit en vie, non ?

Moralité ? Il n'y a pas de moralité. Il y a des cocus, des rhéteurs et des commentateurs. Tout le monde aime tout le monde. Le monde loin. Le monde proche, on l'ensemence de mensonge et de haine, d'où germent sans cesse des morts glorieuses. Meurent les hommes et vivent les patries. À moins qu'un jour chacun comprenne que sa patrie, c'est sa peau, pas son drapeau.

DOSSIER UNTEL : VII. INTEMPOREL

LES COMMÈRES ÉLECTRONIQUES *1

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Trois incidents récents ont reposé devant l'opinion publique le conflit de la sécurité de l'État et du droit des citoyens à leur vie privée : le super-micro de M. Cossette ; la déclaration du Solliciteur général de Canada, M. Jean-Pierre Goyer ; et les vacances pascales de quelques étudiants québécois à Paris.

On peut disposer assez rapidement de deux de ces trois incidents. Le micro de M. Cosssette, c'est cousu de fils (électriques) blancs. Premièrement, peut-on écarter l'hypothèse d'un coup monté par des personnes intéressées à discuter la police ? Deuxièmement, dans l'hypothèse d'une intervention de la police, on peut se rassurer en constatant que le truc est dans ce cas tellement grossier, qu'on serait de toute façon bien « privé » avec une police aussi maladroite. La CIA, qui réussit à « taper » des sénateurs américains, est en avance de dix bonnes années et de six cents millions. Mon idée, c'est que l'une ou l'autre des trois polices qui constituent notre conscience extrinsèque est pas mal plus avancée que ça.

Quoi qu'il en soit, comme il fallait s'y attendre, la Sûreté du Québec a déclaré n'avoir rien eu à voir avec ce micro. M. Cossette, qui s'y connaît en électronique puisqu'il fait de la photographie aérienne, a donc bien fait de se tourner vers la Gendarmerie royale du Canada (GRC). Si c'est elle qui a fait le coup, on aura la preuve que cette police, jadis fameuse contre les Esquimaux, ne vaut rien contre les ex-rinistes.

On peut aussi disposer assez rapidement du cas des étudiants québécois à Paris. Un pays qui reçoit un chef d'État étranger doit assurer sa protection et même prendre toutes les mesures possibles pour éviter les incidents couleur de jaune d'oeuf. Sous la troisième et très pépère République française, quand le tsar de toutes les Russies visitait la France, on expédiait en Corse tous les Russes dont on avait quelque raison de penser qu'ils n'aimaient pas le tsar. On fit de même quand Khrouchtchev visita la même France, gaulliste à ce moment-là. Or Khrouchtchev était le chef très aimé d'un État comme on en souhaiterait un par ici, un État où le prolétariat gouverne.

Mais il y a plus. Quand de Gaulle est venu nous libérer en 1967, il n'existait aucun contentieux entre la France et le Québec. Mais il y avait par ici quelques centaines de Pieds-Noirs, fort innocents par ailleurs. Eh bien ! on a surveillé les Pieds-Noirs établis au Québec, au cas où l'un d'eux aurait eu envie de faire de la peine au Général. Ça n'a pas fait les manchettes des journaux. Tout ça pour dire qu'il est normal de protéger les chefs d'Etat qui se promènent. Si on ne les protégeait pas et qu'il arrivât des accidents, on blâmerait tout le monde en général et toutes les polices en particulier.

Si l'on vient maintenant à la déclaration du Solliciteur général du Canada, on remarque d'abord qu'il a fort candidement avoué que la GRC possédait des dossiers sur des députés et des ministres. Il a ajouté qu'il trouvait ça normal.

Cependant, la vraie question ne doit pas porter sur l'existence des dossiers, mais sur les moyens utilisés pour les constituer et sur leur usage, une fois qu'ils sont montés. Quel est, à ce sujet, le seuil de tolérance d'une société démocratique ?

Chez les moines, la coulpe est volontaire. Dans les États totalitaires, la police secrète est la règle, dans les États démocratiques, c'est la vigilance des citoyens qui doit contenir les indiscrétions électroniques.

Il faut partir d'un constat : l'électronique est là pour y rester. Les gangsters et la police l'utilisent, tout le monde le sait. Faut pas jouer les vierges offensées pour rien. Les derniers à se scandaliser devraient être ceux qui ont choisi la clandestinité et l'illégalité comme armes de combat.

De plus, il faut accepter la rançon d'une certaine socialisation. On est de toute façon « Fiché » et « perforé », puisque, en venant au monde, on reçoit un numéro. Ce numéro nous suit d'assurance sociale fédérale en assurance-maladie québécoise, en passant par les cartes de crédit et les déclarations d'impôts. Quand McLuhan affirme que le monde est devenu un petit village à cause de l'électronique, il ne dit pas autre chose. Dans un monde tribalisé, où chacun est branché sur un circuit et heureux de l'être, il est fatal que les commères électroniques remplacent les anciennes commères de village. Seuls, les éditorialistes continuent de commérer de façon artisanale.

Chaque menace engendre sa cuirasse. Contre la menace électronique, il faudra développer une législation appropriée. C'est une chose de se résigner à être « fiché », c'en est une autre de laisser circuler n'importe comment les renseignements dont on dispose sur vous. Les enquêtes de crédit, par exemple, ne devraient pas être communiquées sans le consentement de celui sur qui elles portent.

On pourrait déplorer un tel état de la civilisation. Ce serait oublier qu'il n'y a pas si longtemps, le fusil ou le revolver faisait quasiment partie de l'anatomie des pionniers. Le survivant, c'était celui qui dégainait le plus vite.

Pouvoir circuler sans son revolver personnel est certainement un progrès. Mais les citoyens ne peuvent se permettre de circuler sans armes que dans une société protégée. C'est le rôle de la police. Or la police doit pouvoir rejoindre sur leur terrain ceux qui ont choisi la clandestinité et qui connaissent, eux aussi, les gadgets électroniques.

Cela étant, l'espace démocratique doit être assuré par la loi. La constitution et l'usage des dossiers doivent être réglementés. Les recours des citoyens doivent être connus et accessibles.

Mentionnons enfin que la liberté de presse, dans ce domaine comme dans les autres, est une garantie. C'est par une conférence de presse que les victimes des commères électroniques ont les meilleures chances d'obliger les responsables à s'expliquer et à agir. Dans les État, totalitaires, la police secrète est l'arme absolue parce qu'il n'y a pas de liberté d'expression. Quand la liberté d'expression existe, les commères électroniques sont des commères parmi d'autres.

DOSSIER UNTEL : VII. INTEMPOREL

2010-07-19 18:44 Читать похожую статью
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